Le rêve Capri (Le Point 15/06/2006)

Download original source: le_point_a.20091209221925.pdf (1.79 MB)

Le rêve Capri Le Point A 4 kilomètres de Capri (l'île ne fait que 17 kilomètres de circonférence) se dresse Anacapri. Un linteau de porte datant de l'empereur Auguste et toujours en place dans une maison du village accueille en grec ancien le visiteur: «Citadin, bienvenue au pays du doux farniente». Plus de deux mille ans plus tard, la formule est encore valide. Anacapri est moins snob et plus campagnarde que Capri et elle reste vivante douze mois par an. Elle n'en est pas moins luxueuse. Là encore, la vie s'organise autour d'un palace, le Capri Palace, plus dépouillé et zen que le Quisisana, mais d'un raffinement inouï (pas mal, le piquenique avec verres en cristal, maître d'hôtel et serveurs au sommet du Monte Solaro ou les croisières sur les deux yachts de l'hôtel!). Dans les rues du village, on trouve encore des boutiques d'artisans et sur la place un radiocrochet a dressé son estrade. A la fraîche, les jeunes tentent leur chance sur les tubes de l'été sous les regards attendris des grandsparents. On pense à la chanson de Nino Ferrer: C'est un endroit qui ressemble [...] à l'Italie. On dirait le Sud...» Anacapri est aussi plus consciente de son héritage culturel. John Grisham et Frederick Forsyth s'y ressourcent pour écrire. Tonino Cacace, le propriétaire du Capri Palace, veut créer un musée d'art moderne et, en attendant, sa fondation amène les enfants du village dans tous les musées d'Europe pour qu'ils s'inventent un autre avenir que vendeuse de magasin . Sur la terrasse du Caesare Augustus une vue à couper le souffle qui vous fait tutoyer les dieux, Umberto Eco, Erri De Luca ou le philosophe Massimo Cacciari tiennent de savantes conférences.